Témoignage

Djibouti – La détresse des candidats à l’immigration

Un pasteur témoigne des parcours difficiles des hommes et des femmes qui veulent quitter la Corne de l’Afrique.

 

Bonjour à tous,

 

Je suis actuellement en à Djibouti où je prends le temps de me tenir informé de la vie de mon Eglise et de celle de la FPF grâce à internet.

Je suis avec intérêt vos préoccupations au sujet des migrants et de l’accueil des étrangers. Ici (mais) ce fut aussi le cas lors de mes missions en Côte d’Ivoire) je suis confronté au désespoir d’hommes et de femmes qui souhaitent quitter la Corne de l’Afrique pour l’Europe mais qui se voient refuser leur demande de visa après avoir cependant réuni tous les documents et autres attestations (et ils sont nombreux et ont un effet dissuasif) et déjà versé des sommes d’argent conséquentes par rapport à leurs moyens de survie. Leurs motifs pour migrer sont divers : impossibilité de trouver un travail malgré leur diplôme ou leur formation professionnelle, populations déplacées de Somalie ou d’Ethiopie, « réfugiés » du grand Est-africain, étudiant ayant participé à une manifestation à Adis Abéba, homosexuels malmenés et sans droit dans un pays musulman, musulmans convertis au christianisme et rejetés et menacés par leur famille et voisinage….tous sont sans avenir à Djibouti- pays qui est cependant très accueillant et très ouvert- et constatent que nos portes sont bel et bien fermées.

A côté de cela tous savent que des visas sont données à d’autres plus argentés, mieux placés et cela amplifie leur détresse, leur désespoir et laisse à penser que l’Europe choisit ses migrants (qui ne sont pas forcément ceux que nous souhaiterions voir sur notre territoire).

On sollicite mon aide, mes conseils mais je suis totalement démuni en la matière et je sens bien que mes capacités de compassion s’étiolent à la longue. D’autres expatriés doivent faire remonter les mêmes sentiments, les mêmes constatations. Le mauvais accueil, le rejet la non écoute, la non volonté de passer du temps sur un dossier, une certaine forme de « ras le bol administratif » tout cela se vit bien avant l’arrivée en Europe.

Alors bon courage dans votre réflexion et vos démarches.

 

Pasteur Michel Jacob – octobre 2010